Les CMS contre les inégalités
Le système actuel pour garantir la santé et l’accès aux soins de tous les Français est devenu profondément inégalitaire. La réforme de l’assurance maladie adoptée par le Parlement le 30 juillet 2004 réunit quant à elle toutes les conditions pour creuser encore ces inégalités. La médecine à 2 vitesses existe depuis des décennies: les riches ont l'info sur les bons circuits à suivre, ont des mutuelles complémentaires qui paient et peuvent aussi se payer les meilleurs mandarins !! Les pauvres eux atterrissent aux urgences dans les grandes villes faute de médecin traitant (tous en secteur 2 au coeur de Paris par exemple). La précarité va de pair avec l'inégalité devant la santé . Les transferts de charges de l’Etat vers les patients (ou les Mutuelles) augmentent (forfait de 18 euros non remboursés sur les actes lourds, 1 euro non remboursable sur les consultations,…) excluant de fait les plus pauvres. Enfin, les inégalités territoriales, remettant en cause dans les faits le principe d’égalité d’accès aux soins, sont criantes : la densité de médecins varie considérablement et est très déficitaire dans un département comme le nôtre (contrairement à la Côte d'Azur, allez savoir pourquoi !!).
Dans ce paysage, les CMS, ni structures libérales, ni hôpitaux, trouvent une place indispensable.

Un mode d'exercice satisfaisant à développer
La condition sine qua non de soins de qualité dispensés dans les CMS, repose sur des professionnels de santé ayant envie de venir y travailler. Féminisation de la profession, limitation des temps de travail et société des loisirs, évolutions sociologiques, touchent les professionnels de santé comme les autres professions et rendent l'exercice libéral dépassé, inconfortable voire anachronique. L'exercice en groupe avec un mode de rémunération non lié au volumes d'actes qui se pratique dans les CMS est ainsi une voie intéressante. La Municipalité doit miser et motiver ces professionnels, lassés de l'exercice libéral unique et isolé, pour développer son offre de soins. Les CMS pourraient aussi être un laboratoire d'idées en matière de santé. Une redéfinition des champs de compétences entre les professionnels est nécessaire pour des raisons structurelles (il faut 10 ans pour former un médecin) et de financement (certaines tâches « médicales » routinières pourraient être déléguées à d’autres professionnels). Pourquoi pas dans les CMS avec de nouveaux métiers à créer, gisement d'emploi pour les jeunes de la Ville ?

La santé est une des préoccupations majeures des citoyens. Ayant longtemps cru disposer du meilleur système de santé au monde (financement collectif et médecine libérale), ils ont aussi désormais compris la nécessité d’un changement de comportement en matière de santé et placent la protection sociale et l'assurance maladie comme des chantiers politiques prioritaires, où la Ville a bien-sûr un rôle à jouer (Voir l'article sur le Blog : Et si la santé devenait aussi une priorité à St-Ouen ?)

Gérald KIERZEK
(Allez je le mets pour ce billet: Docteur Gérald KIERZEK;) )