Annoncée à grands renforts médiatiques -et pour cause, c'est une première en France- la gratuité des cantines scolaires pour tous les enfants scolarisés à Drancy et au Bourget (93) n'en reste pas moins une avancée intéressante. Les 2 maires UDF de ces deux communes ont annoncé que les quelques 3 000 élèves de leurs écoles primaires auront droit à un déjeuner «équilibré, quotidien et gratuit», quelles que soient les ressources des parents. Cette mesure représentera une perte de recettes de 1,1 million d'euros par an pour ces deux villes mais elles la financeront pour moitié par des économies liées à la mise en commun des moyens et pour l'autre par la dotation de l'Etat versée à la communauté d'agglomération. Cela va «aider les familles qui ont du mal à boucler leurs fins de mois», les plus démunies, mais aussi les familles monoparentales et les «travailleurs pauvres qui n'ont droit à rien», d'après Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy (64 500 habitants). Et les économies peuvent être substantielles pour les familles, jusqu'à 130 euros par mois pour une famille avec 2 enfants.
Alors déjà des voix s'élèvent pour critiquer la mesure démagogique à l'approche de grandes échéances électorales (dont les législatives) et mesure d'assistanat. J'y vois cependant plusieurs avantages:
- Il s'agit d'une aide directe aux enfants, concrète, et qui ne risque pas d'être détournée au profit d'autres utlisations comme le sont certaines aides existantes.
- Cette mesure aide toutes les familles, y compris celles qui n'ont droit à rien à cause des règles injustes du "quotient familial" qui pénalise les classes moyennes aux fins de mois de plus en plus difficiles et qui sont généralement les grandes oubliées.
- C'est une mesure de santé publique. Elle favorise la prévention et l'équilibre alimentaire des enfants car trop d'enfants ne vont pas à la cantine faute de moyens financiers des parents. L'alimentation et l'état nutritionnel en patissent (avec une alimentation déséquilibrée) et on connaît le lien entre conditions sociales, état de santé et en particulier obésité. Au moins, les enfants du primaire auront un repas quotidien équilibré.
- Enfin, c'est une mesure en faveur de la mixité sociale. Le temps du repas est un temps de partage que les enfants ne partageaient plus. En redonnant la possibilité à tous d'y participer, elle recrée cet échange; en outre, gageons que cette initiative puisse participer à (ré)attirer les enfants des classes moyennes vers les écoles publiques qu'ils avaient désertées.

Alors pourquoi pas une telle politique à St-Ouen? En tous cas, les petits Audoniens sont les mêmes que les petits Drancéens ou Bourgetins

Gérald KIERZEK