Réunis autour de Carole Diamant (Professeur de Philosophie), Henri Théodet (Proviseur du Lycée), Didier Destal (Psychiatre et professeur à Sciences-Po), Claire DEVREUX (CPE) ainsi que des professeurs principaux des quatre secondes expérimentales du Lycée Blanqui ; une trentaine de tuteurs se sont réunis Samedi matin au lycée Blanqui pour un point d'étape. L'occasion pour chacun, de partager son expérience et de la remettre en perspective dans le cadre de la démarche expérimentale du Lycée et de ses évolutions.

Un questionnaire auprès des élèves concernés par le tuturat indique qu'une majorité d'entre eux trouve l'expérience intéressante, la même enquête auprès des tuteurs, si elle confirme la motivation générale des tuteurs montre également la difficulté pour eux de trouver une place entre Professeurs et Parents. N'étant pas là pour se substituer aux professeurs, le tuteur doit par son exemple, ses conseils et pourquoi pas ses relations permettre aux enfants de se projeter au delà du Lycée et de la Banlieue ; afin que l'élève puisse acquérir des repères dans un monde qui lui est étranger. Cette tâche n'est pas facile ...

Bien souvent, tuteurs et enfants ne partagent pas les mêmes codes sociaux. Cela recoupe deux réalités, celle de l'âge -ils ont en général entre 14 et 16 ans- et des "codes sociaux propres à la jeunesse", qu'elle soit du Lycée Blanqui ou du Lycée Henri IV comme l'indique Didier Destal. Elle renvoi également à la "ghettoïsation de notre société" particulièrement flagrante dans le 93 comme le relève Carole Diamant. Il n'est pas facile pour les enfants d'établir une relation de confiance quand "ceux qui viennent les voir sont également ceux qui les ont isolés".

Face à cette situation, une seule attitude, la patience et la confiance pour que les élèves puisse ressentir l'utilité de cette relation. Parmi les pistes évoquées, la possibilité d'organiser une rencontre entre parents et tuteurs. Rien ne pourra en effet être gagné sans la confiance des parents qui n'ont parfois plus confiance dans l'institution scolaire. Mais également la possibilité l'année prochaine d'organiser un forum interactif permettant aux élèves et aux parrains de "se choisir". La mise en place de binômes d'élèves pour un même tuteur est également une piste à étudier afin de "désacraliser" le tête à tête enfant/adulte.

Mais déjà le bénéfice de cette opération est indéniable. Plusieurs témoignages sont venus le confirmer samedi dernier. Comme par exemple celui cette élève, déscolarisée depuis le début de l'année qui peut aujourd'hui compter sur l'aide de sa tutrice dans ses démarches de réorientation ; ou tel autre qui a invité spontanément sa tutrice à un spectable scolaire ou à un repas de famille ; les échanges qui ont pu avoir lors d'expositions ou de visites d'entreprises ; ou encore l'aide que procure un autre tuteur à une élève présentant des lacunes en orthographe. Ces exemples à géométrie variable, aussi singuliers et individuels que le sont chacune des relations de parrainage montrent déjà la souplesse et le succès de l'opération.

Cette expérience de tutorat valide également la démarche dynamique menée par l'équipe du Lycée Blanqui. Elle vise à inventer l'école de demain en fonction des besoins des élèves, tout en s'appuyant -quand elle est pertinente- sur une aide extérieure. Les tuteurs présents Samedi dernier -pleinement conscients de leur responsabilité sociale-, répondent présents et sont visiblement prêts à donner de leur temps. Il en faudra certainement encore beaucoup, mais l'avenir est prometteur ...

Le prochain bilan d'étape aura lieu aux alentours de Pâques, d'ici là encore du temps à consacrer aux éléves du Lycée Blanqui pour apprendre chaque jour sur soi et sur les autres.