Après un XXième siècle qui aura été celui de tous les échecs et des espérances déçues, le nouveau millénaire qui s’ouvre apparait comme celui de toutes les urgences, de tous les défis, de tous les possibles.

Un millénaire qui a besoin de renouveler ses modes de pensées et d’actions.

Aujourd’hui, nous avons en commun de vouloir agir, d’agir, pour changer, ici et maintenant, un monde démoli par la logique libérale, qui fracture des millions et millions de vies.

Nous le faisons souvent séparément, souvent en se croisant mais trop peu souvent ensemble,

Pour nous, contrairement à ce que pourrait laisser croire un certain fatalisme ambiant, l’essentiel des problèmes auxquels l’humanité est confrontée peut trouver des solutions.

Chacun d’entre nous au quotidien, contribue, par ses attitudes, actions individuelles et collectives, à rendre possible un autre monde.

L’enjeu est immense, toutes les échelles d’intervention doivent être saisies.

Saint-Ouen en est une, celle de notre quotidien.

Nous y vivons, y travaillons, y voyons une ville en pleine mutation, faîte de contrastes, de paradoxes, de potentialités. C’est une ville en mouvement, riche de sa jeunesse, de sa diversité, de ses générations qui s’y sont croisées et s’y croisent où se réinventent des espaces démocratiques, des solidarités nouvelles, des échanges culturels, où se reconstruisent sans cesse des identités individuelles et collectives.

Elle est porteuse de nombreuses aspirations, exigences, expériences.

Dans cet esprit, nous voulons prendre l’initiative de favoriser des dialogues à gauche.

Nous avons les uns et les autres pu faire des choix différents lors de moments électoraux mais ce qui peut nous unir est assurément plus important que ce qui pourrait nous opposer.

Ce qui peut nous ré-unir, c’est une appréciation commune :
  • celle de la gravitĂ© de la situation rĂ©sultant de la rĂ©volution conservatrice menĂ©e par la droite.
  • celle de l’ampleur de la reconstruction nĂ©cessaire, de la nĂ©cessitĂ© de revisiter tout le logiciel Ă  gauche
  • celle des difficultĂ©s auxquels sont confrontĂ©s celles et ceux qui ne se rĂ©signent pas Ă  changer la vie.


Ce qui peut nous ré-unir, c’est un envie commune :
  • celle de réélaborer un projet d’émancipation individuelle et collective Ă  partir des acquis de la gauche, des mobilisations sociales, des propositions existantes.
  • celle de traiter les questions nouvelles posĂ©es du local jusqu'Ă  la planète et trop longtemps diffĂ©rĂ©es.
Cela permet de construire du commun, un projet neuf et des pratiques neuves en concordance avec nos engagements pour une véritable transformation sociale.

Dans cet esprit, nous proposons de mettre en discussion le principe de la fondation d’un espace politique nouveau.

Peu importe la dénomination : club, espace, carrefour, chantier … pourquoi pas un objet politique non identifié !

Son ambition: contribuer à l’émergence d’une gauche durable renouvelée, ressourcée, revitalisée. Son objectif : faire vivre un espace de convergence, ouvert à toutes les forces militantes, citoyennes qui n'ont pas renoncé à la perspective d'une transformation humaniste et progressiste de la société.

Il s'agit d'affronter le défi politique de l'élaboration d'un projet novateur susceptible d'offrir à gauche une toute autre perspective que celle qui nous est présenté aujourd’hui et de faire vivre cela à notre échelle, d’organiser des confluences, de prendre des initiatives, de développer un espace de débats et de réflexions, un carrefour permettant la confrontation, un espace pour impulser une démarche.

Il est clair pour nous que ce nouvel espace doit être l’œuvre des hommes et des femmes qui s’y investiront, à l’exclusion de toute « opération » pilotée « d’ailleurs ».

2 Nous ne nous mettons en concurrence avec qui que ce soit et nos maitres mots sont coopération avec toutes et tous.

Aucun lieu, aucune force, aucune composante ne peut prétendre aujourd’hui détenir à lui seul ou à elle seule les réponses à trouver.

Nous voulons commencer à faire bouger en profondeur la culture politique. Il faut que se confronte d’abord puis que se mélange ce qu’il y a de meilleur dans les traditions, trajectoires, cultures de chacun, issues aussi bien d’associations, de syndicats qu’issues ou membres des partis de gauche ou encore portées par des « non-encartés » comme on dit. Tout comme nous avons besoin de l’apport d’individualités jeunes, migrants ou féministes.

Nous ambitionnons de contribuer Ă  faire se croiser ces regards.

Nous nous concevons comme des interpellateurs, des facilitateurs et des incitateurs, pour apporter notre pierre à une ambition qui ne pourra être relevée qu’ensemble.

Nous n’avons aucune prétention à nous penser l'épicentre de quoique se soit, plutôt un trait d’union.

Nous avons besoin de soumettre au débat et vérifier ensemble des éléments d’analyse de la situation, des hypothèses, des convictions pas des certitudes, des interrogations mais aussi de produire des éléments de connaissance du monde et de la société, des outils de compréhension. Nous avons besoin de beaucoup échanger pour comprendre ce qui arrive et pour dégager des perspectives.

Et nous faisons le pari que notre créativité collective sera utile à tous.

Certains d’entre nous sont sensibles à la question du politique mais ne se mettent pas en mouvement.

Certains d’entre nous n’ont pas de passé militant liée aux partis ni au mouvement social et pourtant désirent profondément faire de la politique. Ils le font souvent ponctuellement au grès de l’actualité politique et de leurs résonances personnelles.

Certains d’entre nous ont un passé militant associatif et/ou de parti et tentent pareillement de trouver des nouvelles formes d’action concrètes, de leviers politiques ou de pensée.

Certains d’entre nous ont un passé militant associatif et/ou de parti et n’ont pas remis en question la forme de leurs actions concrètes, leurs visions des leviers politiques ou de pensée.

Mais pour tous, notre commun, c’est la recherche de pratiques politiques modernes.

Pour nous, la démocratie est un gisement encore largement en friche dont les potentialités sont loin d’être pleinement exploitées, l’intelligence, souvent la ressource la plus mal utilisée dans un cadre collectif.

Prendre le chemin du rassemblement est indispensable, c’est pourquoi, nous vous proposons d’y travailler dès maintenant. Ailleurs, déjà, les mêmes réflexions, les mêmes besoins émergent sous les formes les plus variées. Nous voulons nous inscrire dans ce mouvement.

Et comme, l’expérience montre que l’on ne participe pas ou plus durablement à quelque chose auquel on n’est pour rien dans sa définition et son existence, nous lançons cet appel à création d’un nouvel espace de mutualisation et de passage au pluriel.

Beaucoup peut germer de l’intelligence collective et du mélange des sensibilités.

Nous voulons répondre au désir de changement, au désir d’être ensemble, au désir de partage, au désir de politique.

Toutes les cartes sont sur la table. En toute transparence. Un vrai débat peut s’ouvrir pour engager un nouvel en-commun à gauche dans notre ville.



Premiers Signataires : Michel Bentolila, Bruno Beylat, Bruce Clarke, Amina Cousini, Hayat Dhalfa, Kheira El Bouchikhi, Bernard Epin, Rémy Fargeas, Jean Pierre Heinen, Nathalie July, Mustapha Krimat, Gérard Lafargue, Jean Claude Le Ny, Alain Lepage, Emilie Lecroq, Nadia Oudjoudi, Paul Planque, Jacqueline Rouillon, Fadila Saidi, Louisa Sellah, Thierry Touzet, Djouar Younsi

Pour être signataire de cet appel ou pour être informé des initiatives contactez nous : saintouenagauche@gmail.com

Nous vous convions à une première rencontre le mardi 8 avril 2008 à 18h à la bourse du travail .