Les Rroms de la rue Ardouin
Les Rroms de la rue Ardouin
Nous avons sur le Blog, depuis près de deux ans, confronté à la réalité misérable vécue par les Rroms de la rue Ardouin, écrit plusieurs billets à leur sujet. Ces articles ont donné suite à des échanges passionnés en ligne ; à des reportages -RFI, VSD- ; à des rencontres -lors de la fête organisée rue Ardouin à l'occasion de la journée mondiale des Rroms ; à une visite du Député de la Circonscription Bruno LEROUX appelant le gouvernement, à l'occasion de la Présidence française de l'UE, à œuvrer pour que les Rroms soient considérés comme des citoyens Européens à part entière et à trouver des solution concrètes en vue de leur intégration .

A la rentrée 2008, suite au travail collectif initié par l'Etat et réunissant la ville de Saint-Ouen, la ville de Paris, ainsi que des associations, des solutions ont pu être élaborées :

  • 25 familles, soit 96 personnes, ont Ă©tĂ© retenues, dans un dispositif d'insertion. La plupart d'entre elles sont hĂ©bergĂ©es depuis le 1er Septembre dans un village de caravanes Ă©quipĂ©es, dans l'attentes d'une installation dans des bungalows. CEs familles s'engagent dans un parcours de formation, d'emploi, pour la scolarisation des leurs enfants, pour leur sĂ©dentarisation. Elles devront quitter ce village au plus tard dans trois ans.
  • 260 personnes se sont inscrites dans le cadre du dispositif d'aide au retour, avec 300 euros par adulte et 100 Euros par enfant, dans leur pays d'origine (Roumanie)
  • Les autres personnes du campement sont parties.
Dans un courrier daté du lundi 8 septembre 2008, Madame Jacqueline Rouillon, Maire de Saint-Ouen et Conseillère Générale, a fait les propositions suivantes (cliquer ici pour télécharger le courrier au format pdf):
  • Mise en place d'un groupe de travail chargĂ© de dĂ©finir une stratĂ©gie europĂ©enne et facilitant la coopĂ©ration entre les Ă©tats membres.
  • Demande Ă  la nouvelle agence des droits fondamentaux de traiter prioritairement cette question.
  • Lever l'ensemble des obstacles juridiques et bureaucratiques liĂ©s Ă  l'absence de documents d'identitĂ©, de permis de rĂ©sidence et de transport de ces populations.
  • Sur la question de la santĂ©, veiller Ă  Ă©radiquer les mesures discriminatoires entravant l'accès aux services de santĂ© et Ă  promouvoir la santĂ© maternelle et infantile.
Aujourd'hui mardi 16 septembre 2008, à l'occasion du sommet européen sur les Roms qui se tenait à Bruxelles (voir l'article), la présidence française de l'UE, représentée par la ministre du Logement et de la Ville Christine Boutin, s'est engagée à soumettre des propositions d'actions concrètes en faveur des Rroms lors d'un sommet européen en décembre. Elle y a lue une déclaration du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner « Nous devons faire la preuve que les valeurs que nous défendons à l'extérieur sont vivantes chez nous et que nous sommes exemplaires en la matière ».

La situation est en effet préoccupante. Les Roms sont en effet meurtris et furieux de l'aval donné par l'Union européenne (UE) au « fichage » des membres de leur communauté en Italie, mis sur la sellette lors d'une grande conférence organisée mardi à Bruxelles par la Commission européenne. Le financier George Soros qui a été fait «Citoyen Rrom» par un représentant de la communauté a déclaré « être sérieusement préoccupé par le fichage des Roms en Italie. Je crains que cela ne devienne une norme de facto dans l'Union européenne » et espère que « le fichage ethnique devrait être illégal et j'espère que la Cour européenne de Justice établira ce fait ».

Certains pourront considérer ces déclarations, venant de personnalités de sensibilités et d'horizons très divers, comme dérisoires. Elles ne le sont pas, pour ceux -illustres ou inconnus- qui sont sincèrement attachés, aux valeurs de solidarité et de dignité humaine qui doivent guider l'action publique.

OD