Aucune allusion dans cet article à l'éclatement d'une éventuelle bulle immobilière dans notre département. Nous avions déjà eu l'occasion de l'évoquer dans nos colonnes, le ralentissement du marché immobilier, s'il se traduit par une baisse des droits de mutations -4 millions d'euros en moins de Juillet 2007 à Juillet 2008-, ne sera que transitoire dans notre département (Voir ici le point sur la situation à Saint-Ouen).

Non, il s'agit du budget de notre département et au delà, de celui des collectivités locales. En effet, le nouveau président du Conseil Général, le socialiste Claude Bartolone, a découvert avec effroi, que les annuités d'emprunt du département -ce qu'il doit rembourser chaque année-, « pouvaient passer brutalement de 40 à 80 millions d'euros ». Je vous laisse en imaginer l'impact sur les impôts !!!

Comment est-ce possible ? C'est à la fois simple et dramatique ... le département, du temps où il était géré par une majorité communiste et son ancien président Hervé Bramy, a contracté des emprunts dit « structurés », répondant à la même logique de « titrisation » que les fameuses subprimes américaines -merci Dexia et consoeurs-, dont certains sont indexés, sur ... « le yen, le dollar, le franc suisse et même sur le taux d'inflation américain ». Face à la dégradation sans précédent de l'économie mondiale, l'addition risque d'être salée.

Claude Bartolone n'y va pas par quatre chemins, il dénonce en particulier le comportement des banques, au premier rang desquelles, Dexia, « l 'inventeur du produit » dont il attend qu'elle « répare les dégâts avant la catastrophe budgétaire ».

Egalement pointée du doigt, la Direction du budget et la Direction Générale des collectivités locales, coupable à ses yeux d'avoir validé ce type de montage.

La ville de Saint-Ouen qui est fortement endettée est-elle tombée dans le même piège ? Les élus de l'opposition avaient pourtant mis en garde lors des précédents débats budgétaires. Quoi qu'il en soit, nous avons posé la question à Monsieur Paul Planque, adjoint en charge des finances et de l'urbanisme. Nous attendons la réponse, comme de nombreux Audoniens j'imagine. Avec la réforme de la taxe professionnelle, les emprunts structurés contractés par les collectivités locales constituent une deuxième bombe à retardement dont les effets sur la fiscalité locale risquent bien d'être dévastateurs.

OD