C’est l’histoire d’une jeune étudiante de dix-huit ans qui est en deuxième année de prépa’ littéraire. Elle apprend que dans sa ville, elle peut bénéficier d’une bourse communale d’études supérieures sous conditions de ressources. Très heureuse de cette initiative municipale, elle retire un dossier au service enseignement, le remplit et le rapporte accompagnée de sa mère.

A partir de ce moment va débuter ce qui ressemble à un mauvais scénario de série Z :
  • Tout d’abord, la fonctionnaire qui les reçoit va leur demander une preuve qu’elles habitaient cette ville l’annĂ©e d’avant, tout en ayant entre les mains l’avis d’imposition des parents de la jeune Ă©tudiante, la preuve que ses parents sont nĂ©s dans cette ville, etc.
  • Ce n’est pas suffisant aux yeux de cette employĂ©e, il faut « la taxe d’habitation ! »
  • La jeune fille repart chez elle et reviens avec « la taxe d’habitation » et cette fois, elle est accompagnĂ©e de son père.
  • Le père prĂ©sente le fameux sĂ©same Ă  la zĂ©lĂ©e qui en fait une photocopie et l’ajoute au dossier de l’étudiante devant les deux parents. Le père demande si cette fois, le dossier est complet, la dame rĂ©pond « qu’elle pense (sic) » et qu’elle va le « transmettre Ă  la personne qui s’occupe des bourses (sic) » !
  • Le père et sa fille s’en vont en pestant devant le zèle de l’employĂ©e qui apparemment, avait oubliĂ© qu’elle Ă©tait au service des usagers !
  • Plusieurs jours après, c'est-Ă -dire une fois la date de clĂ´ture de remise des dossiers dĂ©passĂ©e, une autre employĂ©e du service enseignement tĂ©lĂ©phone chez l’étudiante pour lui dire qu’elle n’a pas apportĂ© « la taxe d’habitation » pour qu’elle puisse en faire une photocopie et que du coup, sa demande de bourse tombe Ă  l’eau !!!
  • Devant les protestations de l’étudiante et de sa mère qui n’en croient pas leurs oreilles, l’employĂ©e rĂ©pond « qu’elle croit plus sa secrĂ©taire que la famille en question et qu’elle est dĂ©jĂ  bien gentille de leur tĂ©lĂ©phoner (sic) » puis conclut par un « j’en ai marre de vous Ă©couter (sic) » et raccroche au nez de la mère qui reste toute abasourdie devant tant de conneries !
Cette histoire est vraie, elle ne s’est pas passée dans une quelconque province oubliée à une époque révolue, elle s’est déroulée à Saint-Ouen la semaine dernière et l’étudiante en question n’est autre que ma fille.

J’ose espérer que ce genre d’anecdote n’est somme toute liée essentiellement qu’à l’incompétence d’une employée municipale, même si je trouve sa réaction odieuse et intolérable, et en aucun cas au fait que je figurais sur une liste concurrente aux municipales.

Jean Fouquart