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jeudi 26 octobre 2006 à 10:20

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Commentaires

1. Le jeudi 26 octobre 2006 à 12:08, par ValĂ©rie Bernard

Cette photo aérienne a été prise par l’IGN (www.geoportail.fr).
Les jardins ouvriers, appelés aussi « Jardins Alstom », sont nés vers 1917 lors de l’achat d’une partie du parc du Château (actuel conservatoire de musique), par la société Thomson-Houston qui deviendra plus tard Alsthom (suite fusion avec l’Alsacienne de Construction) puis Alstom, et aujourd’hui Areva
Les jardins ouvriers sont donc situés juste derrière le parc du Château (parc Albert Dhalenne), derrière le mur en briques peintes en blanc, mais aussi derrière le chemin bordé par une gille verte et longeant une voie ferré désaffectée.
Les jardins sont condamnés à disparaître depuis mai 2006 : les 20 hectares de terrains alstom-Areva ont été vendus au promoteur Nexity.

Regardez ces photos prises en mai 2005, appréciez cette ballade verdoyante et bucolique : Paris semble loin.
Réfléchissez, ne serait-ce qu’une minute : quelle est Vôtre définition de ce qui doit être conservé au titre du patrimoine ? Que voulons-nous laisser demain à nos enfants ?
De quels espaces verts avons-nous besoin pour mieux vivre (supporter ?) la ville ?

Hasards de l’histoire, ces 100 parcelles de potagers fleuris ont appartenus pendant plusieurs siècles à des Seigneurs, plutôt qu’à des ouvriers.
Leur emplacement actuel fut d’abord celui du parc du Château de Boisfranc achevé en 1669, puis reconstruit vers 1822, pour devenir enfin le parc du Château de la comtesse de Cayla (actuel conservatoire de musique).
De 1880 à 1914, la princesse de Beauvau-Craon, fille de la comtesse du Cayla et héritière du château, loue le parc à une société hippique qui le transforme enhippodrome.
En 1917, une partie des terrains de l’hippodrome et du parc du Château sont vendus à la société Thomson-Houston qui découpe le parc en terrains de sport, en jardins et y construit des ateliers. C’est l’époque du paternalisme industriel : l’entreprise propose aux ouvriers de disposer d’une parcelle de 150 à 200m2 à cultiver, pour améliorer l’ordinaire et s’y retrouver en famille le dimanche, loin des logements exigus et inconfortables.
Jusqu’au rachat récent par le promoteur Nexity, l’ensemble était géré par le comité d’entreprise Alstom.

On accédait autrefois aux jardins, soit par l’arrière du parc du château : après la grille verte, sur le côté gauche. Il fallait enjamber la clôture, puis caler ses pieds sur des marches aménagées par les jardiniers. Soit par l’entrée principale rue des Bateliers, après avoir traversé les 2 terrains de foot, les 4 terrains de tennis en terre battue, les terrains de pétanque et la cabane-buvette qui composent aussi le site des « jardins Alstom ».
En mai 2006, le promoteur Nexity, nouveau propriétaire privé de ces 20 hectares situés sur le futur quartier des Docks, a clôturé le site pour en interdire l’accès, jusqu’ici ouvert à tous depuis 1917 :
salariés Alstom, Audoniens, Parisiens, jeunes, familles, retraités…
Ces 100 jardins potagers fleuris, mais aussi la piste de course à pieds, la pelouse du terrain de foot constituaient un lieu de lien social unique et verdoyant aux portes de Paris : pique-nique, ballades, jogging, tournois de pétanque, barbecues, apprentissage des rythmes de la nature...
Des botanistes et ornithologues se sont mêmes déplacés pour évaluer la richesse de cette faune (pies, rouges-gorges, merles, …) et flore (figuier, radis, salades, cerises, vignes…).
L’ensemble constitue d’ailleurs selon eux « un biotope riche et unique à moins de 4 km de Paris ».

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